Le papilloma, mon utérus & moi

Bon je sais le titre n’engage pas  une franche partie de rigolade, mais j’avais envie d’en parler…

Novembre 2009, j’ai rdv avec ma nouvelle gynéco. Cela fait 5 ans que j’ai mon stérilet, donc je dois en changer. Et comme j’ai déménagé plusieurs fois il me faut une nouvelle gynéco. Elle est marrante, un peu cash mais moi j’aime bien.

On fait le bilan de routine, énumération des antécédents familiaux, elle rempli ces petites fiches sur moi, et me sort je change pas de stérilet sans connaître la personne – de quoi?? il faut qu’on fasse connaissance?? mais pourquoi donc??- alors elle me dit, froti et après on voit !!

Elle me demande de me dessaper (ce qu’on adore toutes bien entendu) et je monte sur la table. Inspections de mes doudounes, recherche d’éventuels ganglions.. RAS et hop froti ! Je descends de la table, et au moment où j’allais me rhabiller elle me sort « non non, on monte sur la balance » grrrrr ça j’aime encore moins ! enfin qui aime ça hein?! Il faut savoir que chez moi, pas de balance, c’est urticant !!!

Fin de consultation, elle me dit si pas de nouvelles = bonnes nouvelles. Jusque là tout roule. La fin de l’année est là, on passe les fêtes et le 3 janvier 2010 je suis en voiture -je suis monitrice auto école- je reçois un appel de la secrétaire de ma gynéco qui me dit que j’aurais du recevoir un courrier mais qu’il ne m’ait jamais parvenu et elle m’annonce comme ça « mademoiselle, votre froti a révélé que vous êtes positive au papillomavirus » et là mon sang n’a fait qu’un tour. Je me souviendrai toujours de ce jour là, et avec quel élève j’étais en leçon. D’abord une incompréhension, à vrai dire, je ne savais pas vraiment ce que c’était mais l’image de la publicité me revenait, et je demanda si c’est ce qui provoquait le cancer de l’utérus?! elle me répondit « oui mais bon pour savoir il faut prendre rdv » ce que je fit, et je me suis effondrée. Mon élève a assuré, on est rentré au bureau et j’ai d’abord appelé mon homme, je n’arrivais pas à parler. Et lui il me dit, naïvement, « t’inquiète pas ça va passer »… euh chéri, c’est pas la grippe hein !?!

Il s’en est passé des choses dans ma petite tête. D’abord je me suis auto flagelée en me disant que j’aurais du avoir un suivi plus régulier, mais le gynéco c’est comme le dentiste, c’est toujours en cas de force majeur ! et puis j’ai commencé à avoir peur, je me disais que je n’avais que 27ans, et si c’était un stade avancé, qu’allait il se passer? et ma fille qu’allait elle devenir? Et puis, vous savez ce que je me suis dit en 1er? que cela faisait un an que je touchais plus à la longueur de mes cheveux, car en 2011 j’allais me marier…et si je n’avais plus de cheveux? j’allais pas me marier sans cheveux quand même?? et si je ne marierai pas???? et rebelotte, je me suis de nouveau effondrée..

Dans les jours qui ont suivi j’ai revu ma gynéco, elle a prit le temps de m’expliquer de me rassurer. Elle avait beau me dire que c’était fréquent je ne voulais rien entendre. Alors on a refait un froti, qui sait peut être est ce un faux positif.. et non. et là commença une longue démarche de recherche, à quel stade suis je contaminée?

Alors je fit une colposcopie – un liquide transparent qui réagit en blanc sur les muqueuses qui ont des lésions- comme dans les experts ! mais aucune réaction… Gygy me dit alors  » on se revoit dans 6mois et on refera froti et colpo »

6mois…. je me dis que jamais je tiendrai tout ce temps, que j’allais me retourner le cerveau, mais la vie « normale » reprit son droit chemin. Et puis tic tac tic tac, ça fait 6 mois, retour chez gygy, re froti… positif !! donc re coloposcopie…. negative !! quesaco?

Il faut savoir qu’une femme sur deux a, ou a eut, ou aura le virus, mais seulement 50% d’entre elles le développeront. La plus part du temps, ce virus part comme il est venu. Et dans son développement il y a plusieurs stade : 1) simples lésions soignées au laser, 2) lésions un peu plus importante = conisation (ou curtage) histoire d’enlever les parties malades 3) ablation partielle et enfin 4) ablation totale , mais cette phase « cancer » prendrait environ 10ans, et le tout sans douleurs  ce qui est encore plus sournois. Dans mon cas, gygy me dit « bon pas le choix puisque les méthodes sont contradictoires, on se revoit dans 15jrs et on fait une biopsie ».

Biopsie faite, elle part en vacances et quand elle allait revenir et avoir les résultats c’est moi qui allais être en vacances. Je décompte les jours, l’impatience me gagne mais surtout la trouille. Mais je le montre pas, mon chéri me semble pas atteint, enfin ça c’est ce que je crois. Et puis ma fille qui n’avait que 7 ans devait pas savoir, donc je suis restée forte. le 22 août 2010 à 11h, veille de mon anniversaire, nous sommes en vacances en amoureux à Agde, mon téléphone sonne, je vois que c’est elle, mon sang bouillonne, j’ai des sueurs.. je décroche « allo Céline, c’est Sophie, bon j’ai tes résultats, comme je le pensais tu as un stade 2! bon t’inquiète pas on va te faire une conisation, tu appelle untel blabla bla bla » je n’entends plus que des bruits sourds, je ne l’écoute pas et elle raccroche. Mon chéri arrive et comprend tout de suite. Il reste impassible, je m’effondre. Et puis le téléphone sonne, c’est de nouveau elle, « Oui Céline, je me suis aperçu que j’avais été un peu sèche -si peu voyons- mais c’est parce que c’est vraiment banal ça arrive souvent » et là elle m’explique réellement ce qui va m’arriver. Je suis rassurée.

On termine les vacances, j’essaie de pas trop y penser. J’ai rdv avec le chirurgien en rentrant, ça va aller vite maintenant, car ça fait quand même 9 mois que les angoisses durent. Il faut que je le dise à maman, car je ne lui ai pas encore dit. Je sais qu’elle va mal le prendre et j’ai du lui remonter le moral. Pas facile tout de même, une maman inquiète, un chéri qui évite d’aborder le sujet pour se protéger, pour me protéger. Bon d’accord, c’est pas un cancer phase terminale, mais dans cette salle d’attente, toutes ces mamies qui viennent consulter le chirurgien, et moi avec mes 27 printemps je me sens pas très bien. J’ai comme un malêtre. Et il me vient une pensée : et si je pouvais plus avoir de bébé?? bon en théorie c’est pas grave, y a chéri qui me tanne depuis un an pour qu’on en ait un à nous et moi je suis catégorique : non non non ! je ne trouvais pas indispensable d’avoir un nouvel enfant à la maison, entre ma fille et les deux siennes pour moi nous étions comblés. Oui mais non, ma sensibilité féminine et mes chères hormones me font voir les choses autrement : entre ne plus vouloir d’enfant et ne POUVOIR en avoir il y a une grande différence : la possibilité de choisir !! Mais ça je le garde pour moi… d’ailleurs j’en ai pas parlé tant que ça de cette maladie, juste assez pour que mes amies flippent et fassent un froti ! et oui cela n’arrive pas qu’aux autres, la preuve !! Mais gygy m’assure que je devrai pourvoir avoir un bébé si je le souhaite, avec un petit risque de fausse couche ou de béance du col avec risque de prématuré, mais rare selon elle…

Voilà, moins de quinze jours qui ont suivi l’annonce je rentre à la clinique pour mon ablation partielle. Chéri chéri, toujours dans un soucis de montrer ses sentiments, me dépose devant les portes de la clinique me fait un bisou et me lance « à tout à l’heure, je t’aime » et s’en va… wouah heureusement que je suis blindée hein !! Entrée à 8h, anesthésie générale, opérée à 10h, réveillée à 12h et sortie à 16h ! Banal en effet. Pas de douleur particulière, pas d’arrêt de travail, le chirurgien ne voulait pas !! Mais le lendemain 9 de tension… on reste à la maison. Une semaine après, retour au travail, tout va bien mis à part une hémorragie. Depuis c’est RDV régulier chez gygy pour surveiller, car non seulement dans ma situation où les zones étaient indéterminée, donc la possibilité qu’il reste des zones malades, il y a aussi un risque de rechute, et oui c’est un virus !

Pendant tout ce temps, l’hypothèse d’une nouvelle grossesse a fait son chemin. Et si je rechutais? ou si je n’arrivais plus à tomber enceinte? ça a prit un peu plus d’un an pour que je me décide. C’est lorsque j’ai compris pourquoi c’était si important pour chéri d’avoir un enfant à  nous, un trait d’union dans cette joyeuse recomposition, car finalement oui il est papa, mais papa à temps partiel et ma fille n’est pas la sienne, il avait donc une frustration. Avril 2012, contrôle chez gygy, et je lui annonce que je veux qu’elle m’enlève mon stérilet. Elle est super enthousiaste, y a comme une affinité entre nous. Et août 2012 tada ! je suis enceinte! quoi déjà??! mais euh je sais pas si je suis prête 🙂

J’ai eu une super grossesse, un chouilla malade je mangeais mais digérais pas ! et j’ai continué ma vie normalement sans trop pensé aux éventuels risques. Je faisais mes 9h de voiture par jour, jusqu’aux 7 mois de grossesse. J’ai arrêté 15jrs avant mon congé mat’. Et malgré tout ça, ma belle (et oui encore une fille !!!!) est arrivée avec 5 jrs de retard ! moi qui avait un grand risque d’avoir un prématuré, une belle revanche sur la vie !!

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